Jour1…

Dimanche 1er octobre, après plusieurs jours rythmés par les derniers préparatifs, la communication et les visites amicales, c’est enfin le grand jour.

Que de chemin parcouru depuis 2 ans quand l’idée d’une telle aventure me traversait tout juste l’esprit.

14h02, conformément au planning de l’organisation, un zodiac vient nous prendre en remorque pour nous conduire vers la zone de départ. Derniers au-revoir et encouragements, c’est incroyable de voir toute l’admiration que suscite notre aventure !

Le passage de l’écluse symbolisant le saut vers le grand large fut un moment des plus émouvants. La foule amassée sur les digues qui applaudit et vous encourage me gonfler encore un peu plus à quelques heures du signal de départ.

Encore quelques instants de concentration, il faut éviter à tout prix l’accident « bête » dans ces moments où les bateaux spectateurs, la presse et les concurrents se croisent en attendant la procédure départ.

Une minute avant le départ

Surtout ne pas morde la ligne ni risquer de collision, je décide de partir au comité légèrement en retard.

Cependant, contrairement aux courses d’avant saison, personne n’est très agressif. Un trou énorme se créé devant moi, je m’engouffre. C’est parti !

La pression retombe peu à peu. Il faut rapidement prendre un régime de « croisière », selon les dernières prévisions cette étape va un peu durer…

Manger, dormir, régler et changer de voile, toujours aller le plus vite possible et choisir ses trajectoires, tel est la recette pour engranger des milles de manière optimale.

Les premiers jours sont difficiles pour nous. Du prés dans le petit temps puis de la pétole. Ce n’est pas encore la transat que j’espérais… le classement s’en ressent.

L’important est de tout donner pour « limiter la casse », il ne faut pas laisser les premiers s’échapper trop loin.

Au passage du cap Finistère, nous trouvons enfin du vent portant et surtout du vent fort. C’est parti, la glisse peut enfin commencer !

A ce moment là, certains décident de filer au large où le vent faibli. Hors de question, il faut accélérer maintenant !

La vitesse est là, dans une mer formée, le bateau retrouve ses aises et nous filons vers le sud-ouest pour éviter une zone de vents faibles situées au large du Portugal.

Quasar et moi remontons dans le classement pour atteindre la 14ème place, pourvu que ça dure !

Je déplore seulement durant ces longs surfs la rupture d’un bras de bout-dehors entrainant la perte d’un panneau solaire…

Début de mes soucis d’énergie.

Après 5 jours sans soleil et avec deux panneaux solaire en moins (un perdu et un HS) je ne peux compter que sur mon groupe électrogène pour charger pleinement mes batteries. Malheureusement le manque d’essence se fait rapidement sentir. Je commence à barrer jour et nuit pour conserver un minimum d’énergie.

Hormis le fait que je ne peux pas trop me reposer le plus embêtant est que le bateau est plus rapide sous pilote automatique.

La gestion de l’énergie devient prépondérante, je vais  jusqu’à couper tous mes instruments plusieurs heures pour pouvoirs utiliser mon pilote la nuit et dormir un peu.

Je sais à ce moment la que mes performances seront moindres mais je ne lâche rien, jamais !!!

Les jours suivants sont très compliqués. Dans les petits airs l’Ofcet est à la peine. Pas question cependant de s’alléger en vidant mes réserves d’eau douce comme certains. J’ai déjà assez de soucis comme ça… En effet, les prévisions au départ donnaient 9 jours de mer, j’avais donc embarqué 8 jours et demi de réserves de nourriture… Normal quoi…

Voyant la pétole s’installer et l’arrivée se décaler d’heures en heures, de jour en jour…je commence à rationner mon alimentation.

Impossible de se ravitailler en mer, c’est lors de la préparation à quai qu’il faut tout prévoir. Eau, énergie, matériel de rechange, nourriture, habits, livres, objets divers ou autres doivent être anticipés malgré le soucis de la performance.

Mais il y a un équilibre à trouver. Un bateau léger va plus vite mais il va plus lentement qu’un bateau avec un skipper affamé qui ne peut plus dormir autant qu’il veut… Ca me servira de leçon pour la seconde étape.

Jusqu’au bout, ne rien lâcher.

La pétole est ingrate. Certains concurrents pourtant si proches touchent du vent plus tôt. D’autres avancent sans raison apparente. Certains derrière vous la veille se retrouvent devant au petit matin. C’est une vrai roulette russe.

Les places dans le classement sont perdues mais il ne faut jamais abandonner, toujours guetter la moindre risée, garder le bateau dans le bon sens et se tenir près à envoyer la bonne voile.

Je garde en tête que la chance peut tourner un moment ou un autre et que la deuxième étape sera plus rapide. Un seul mot d’ordre « limiter la casse ».

Jusqu’à la ligne d’arrivée le vent fait défaut. Une heure pour parcourir le dernier mille, balloté par une forte houle, jusqu’à entendre finalement à la VHF à 05h13 TU :

« arrivée du 899 Marine Nationale » !

IMG_5618-1

Je suis heureux et laisse exploser ma joie.

Cette première étape a été éprouvante pour les nerfs mais j’en ressort extrêmement grandi. Même si mon classement est un peu décevant, l’écart avec les premiers est tellement faible à l’échelle de la seconde étape que je reste gonflé à bloc et compte bien atteindre mon objectif qui est de figurer dans le top 10 en Martinique !

Un commentaire sur « Première étape de la Minitransat La Boulangère 2017, manque de carburant pour le bateau et le skipper… »

  1. Bravo mon grand! Tu t’es batu comme un brave contre vents et ….pétole! Tu mérites bien ces quelques jours de repos avant le grand départ. Et tes parents, tes grand-parents et tous ceux qui t’aimons aussi! Tout ce petit monde dort beaucoup mieux quand Quasar est à quai. Tu sais que le récit de tes aventures mériterait bien d’être édité? Tu es un parfait conteur. Pour la deuxième étape attache tes panneaux solaires avec du ruban adhésif américain …. Si toutefois il résiste à l’humidité. Bonne chance pour la deuxième étape mon Cédric. Gros bisous

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