Mini en Mai 2017, du beau monde, un parcours rapide et physique, un résultat décevant mais honorable. Enfin j’ai bien mangé c’est déjà ça!

Nous étions 71 bateaux au départ de La Trinité pour une boucle de 500nq passant par le mythique Raz de Sein, une bouée nommée BXA située au large de l’embouchure de la Gironde et le pont de l’île de Ré. Il fallait cependant boucler au préalable le coutumier parcours en baie de Quiberon, 40 nq entre des bouées assez proches qui ne laissait pas de répit.

Les prévisions étaient optimistes avec un vent soutenu et portant pendant 3 jours, du soleil et quelques orages. Un seul choix tactique important dans le golfe de Gascogne (qui nous coûtera cher, mais j’y reviendrai plus tard…) mais globalement il fallait aller à fond et tout droit !

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Nous étions Quasar et moi presque les premiers à quitter le port ce matin du 09 mai, d’abord tracté par un zodiac puis rapidement sous voiles.

Dans le chenal étroit de La Trinité, nous avons eu la joie d’être dépassés par le gigantesque trimaran Sodebo de Thomas Coville qui nous a demandé de nous décaler sur la droite afin de nous doubler. C’est sans rechigner et avec un regard ébahi que je vis remonter ce monstre à quelques mètres de nous. En signe de remerciement, Thomas Coville leva sa main, j’étais bien.
Rapidement sur le plan d’eau, nous avons pu nous chauffer un peu et étudier le vent.
Le départ se fera sous spi médium et contrairement à la majorité de la flotte sans ri dans la grand voile car j’avais constaté que rapidement le vent baissait et adonnait.
Habituellement les lignes de départ font face au vent mais comme l’an dernier Yves Le Blevec décida de lâcher les mini monstres vent arrière, bien plus rapides à cette allure.
C’est donc dans une ambiance surchauffée et un peu tendu que chacun attendait le meilleur moment pour hisser son Spi et faire parler la poudre sans mordre la ligne et sans risquer de collision.
Pour ma part, j’avais eu la « bonne » idée de changer mon système de blocage de drisse juste avant la course, sans test sur l’eau et malgré l’avis contraire de mon ami Valentin Massu (skipper de L’ofcet Challenge Espoir). Résultat,sitôt hissé, le spi est retombé à l’eau… bien joué.
Finalement, grâce à mes observations du vent, j’ai réussi à revenir un peu sur la flotte et à passer la première bouée dans le paquet de tête. C’est au milieu d’une bande d’excités ( moi compris ) qu’il a fallu affaler son spi le plus tard possible et slalomer entre les autres bateaux la où comme dans un entonnoir tout le monde convergeait. C’était chaud, mais trop cool.
Par la suite, un gennaker réticent, d’innombrables erreurs commises dans la précipitation de mes manœuvres m’on coûté cher. Je quitte ainsi le chenal de la Teignouse à la 19eme position.
S’en suit un long bord de spi vers le Raz de sein, à allure soutenu.
Le passage du Raz Se fit au prés mais avec un fort courant dans le dos, ainsi, nous atteignions la vitesse surréaliste pour un Mini de 10 nds !
Cette configuration de vent faisant face au courant levait une mer impressionnante qui ressemblait à un véritable champs de bosses.
Après le contournement de la bouée « basse du Lis », nous entamons une descente dantesque sous spi médium, de nuit et toujours dans une mer monstrueuse. Les vitesses sont élevées, les bateaux malmenés, nombreux sont épuisés lors de cet épisode et affalent prématurément leur spi.
Quasar étant plutôt à l’aise sur ce terrain, après un empannage parfait, nous franchissons la bouée de l’occidentale de Sein à la 12 eme position !
Affalage du spi, cap vers BXA à 200nq, (la bouée au large de l’estuaire de la Gironde et prochaine marque de parcours) la pression retombe et je peux enfin dormir un peu, il est 07h du matin.
Les routages préconisaient cependant de ne pas faire route directement vers la bouée, la remontée d’un Thalweg depuis le sud du golfe de Gascogne allait compliquer les choses…
En effet, lors de son passage, une zone de pétole devait précéder une bascule de vent ( du nord-est vers le sud-ouest), il fallait donc chercher plus à l’ouest, mais pas trop…
Nous avons finalement fait un cap trop sud et avons eu plus de pétole que le groupe qui nous suivait. Cette erreur stratégique nous coûte cher, ne retombons à la 19 eme place à BXA.
Je reviens sur un moment vécu pendant cette descente. En faisant route vers la bouée, des orages monstrueux s’approchaient. Des nuages noirs émanaient des éclairs énormes qui frappaient la mer en faisant un bruit incroyable. J’ai alors eu un moment de doute, ça va finir par me tomber dessus et je ne peux pas l’éviter. Je me demandais comment Quasar s’en sortirait s’il prenait un éclair.
Heureusement je me suis souvenu d’une photo qu’on nous avait montré lors d’une conférence sur la foudre. Un éclair frappait la mer à moins de 20 mètres d’un voilier au mouillage. On nous avez ainsi expliqué qu’on ne pouvait pas vraiment faire grand chose, la foudre tombait n’importe où et toutes légendes d’arbres, pneus de voitures, etc n’avaient rien de véridique. J’avais aussi appris qu’à travers le monde environ 30000 vaches mourraient chaque année foudroyées… En france une dizaine de personnes alors que plus de 3000 meurent sur les routes.
C’était devenu clair dans ma tête, tu ne risque finalement pas grand chose par rapport aux autres dangers de la voile…

La remontée vers le pont de l’île de Ré était assez molle, nous avons fini presque arrêté dans 0 nds de vent. Tout juste porté par un léger courant, nous avons glissé entre deux pilonnes du pont. Le groupe devant nous s’échappera alors, laissant un écart qu’on réduira à peine par la suite.
Repartant doucement à travers les risées dans un Pertuis Breton compliqué nous n’arriverons aux Sables d’olone que sur le coup de midi.
La « dernière ligne droite » de 80nq (150km) jusqu’à l’arrivée durera huit heures. Un sprint final endiablé dans des vents parfois supérieurs à 25 nds, histoire de finir de nous épuiser…

Même si le résultat n’est pas fantastique (18 sur 51) notamment à cause d’erreurs importantes de manœuvres, j’ai pu gérer mon sommeil et mon alimentation d’excellente manière. Ce dernier point est primordial pour la MiniTransat. J’ai ainsi pu compter sur des plats sous vide vraiment très bons fournis par mon partenaire « Le gourmet du net » bien meilleurs que des Lyophilisés.

Rendez-vous le 04 juin à Douarnenez pour le Trophée MAP !

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