Encore une histoire de satellites … 

Depuis plus de vingt ans la « constellation du GPS », composée d’une trentaine de satellites gravitant au dessus de nos têtes, permet aux navigateurs de connaître avec précision leur position.

Reléguant Loran, Estime, Sextant, points optiques, points par report d’isobathes ou encore danning  radar au rang de méthodes « ancestrales », ce sytème simple d’emploi est précis à une distance inférieure à la longueur d’un Mini.

Une telle précision tend à ne plus dissocier navigation hauturière et côtière, le GPS est utilisé en toute circonstance.

Et d’ordinateurs…

En course au large, comme dans la navigation commerciale ou la plaisance, l’informatique a aussi largement remplacé les cartes « papier ». Les systèmes de visualisation de  cartes électroniques, appelés ECDIS (Electronic Chart Display and Information System), affichent en temps réel la position GPS sur des cartes électroniques.

Noms des amers, nature du fond, caractéristiques des feux, etc, ces cartes sont enrichies d’informations accessibles en un clic. Grâce à toute une palette d’outils il est très facile de calculer des distances, « zoomer », se projeter sur l’avant, tracer des routes ou encore afficher l’heure d’arrivée à sa destination.

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Position GPS du bateau affichée sur une carte électronique

Les voiliers de courses sont également dotés de logiciels encore plus évolués. En intégrant des données météo (vent, courant,…), les polaires (vitesses maximum du bateau selon la force et la direction du vent), la position du bateau et le parcours de la course, ces logiciels calculent avec précision les routes à suivre pour arriver le plus rapidement possible.

Et comme la cadence de rafraichissement de ces données est importante grâce aux connections par satellites, chaque évolution des prévisions météo est rapidement intégrée pour donner en permanence la route optimale.

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En voile, la route directe est rarement la plus rapide. D’ailleurs elle est rarement possible…

Ainsi, le suivi de la navigation n’est plus un souci majeur, sans connaissance particulière il est malheureusement aujourd’hui possible de naviguer sans lever les yeux de son écran d’ordinateur ou de sa tablette…


Cette simplicité ne rime pas toujours avec infaillibilité…

Le GPS seul est fiable, soit il affiche la position (Latitude et Longitude) avec plus ou moins de précision soit il n’affiche rien.  Les erreurs de navigation sont surtout liées à la mauvaise utilisation des systèmes d’affichage des cartes électroniques ou au report incorrect de cette position par le logiciel.

En effet, si le navigateur n’a pas d’esprit critique sur ce qui est affiché, qu’il n’à aucune base de navigation ou qu’il fait trop confiance à son système, difficile de déceler les erreurs de positionnement.

Lecture attentive de la carte pour déceler les dangers à éviter,  comparaison du fond donné par le sondeur avec celui de la carte, relèvement de l’azimut des amers qui nous entourent,  estimation du courant, etc, nombreux sont les réflexes à avoir pour assurer la sécurité de la navigation.


Savoir ou nous sommes est une chose, éviter les danger en est une autre…

La navigation ne se résume pas à calculer sa position sur la sphère terrestre. Il s’agit de se déplacer selon certaines contraintes  en évitant notament l’échouement…

C’est grâce à une cartographie précise des fonds (l’hydrographie) entreprise depuis des siècles sur l’ensemble de la planète que nous pouvons aujourd’hui naviguer serreinement et sans tâtonner le fond sur l’avant du bateau … Mais attention, les fonds portés sur les cartes marines sont aujourd’hui moins précis que notre position GPS. En effet, une grande partie des relevés ont été faits avant le GPS et les dangers ne sont donc pas toujours portés au mètre près !

L’étude précise des cartes marines, qu’elles soient « papiers » ou électroniques, et l’utilisation d’une marge de sécurité adaptée sont les clés d’une navigation saine. Les erreurs menant aux collisions avec des hauts-fonds sont principalement dues à une mauvaise lecture des cartes, bien plus qu’à un mauvais positionnement.

Le risque est plus important avec les cartes électroniques qui permettent de passer d’une échelle à l’autre en « zoomant » en un clin d’oeil. En effet, certains dangers peuvent disparaitre de l’écran suivant l’échelle sélectionnée.

Le navigateur n’a pas toujours le réflexe de regarder l’échelle la plus précise offerte par ces cartes avant d’engager son bateau sur la route qu’il a tracé en deux clics de souris. Ces mauvaises pratiques,  parfois même adoptées par des professionnels, peuvent avoir des fins dramatiques…

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Conséquence d’une erreur de navigation due à une mauvaise utilisation des cartes électronique, Team Vestas Wind sur la Volvo Ocean Race 2014/2015


Mais revenons à nos Mini !

Contrairement aux autres classes, les Mini n’emportent pas tout cet attirail. Seules les cartes « papiers » sont autorisées. Adieu routage automatique, souris et tablettes…

Le report de la position donnée par le GPS est faite avec une pointe sèche et une règle de navigation « Cras » (prononcez le « s »), les routes sont tracées au crayon et les caps à suivre calculés d’après l’azimut relevé sur les cartes.

Les Ministes doivent donc apprendre rigoureusement les préceptes de la navigation, ils sont les garants de leur positionnement et tenus de porter des points régulièrement.

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Cette contrainte les oblige à regarder régulièrement la carte et à calculer leurs données de navigation. Ils doivent être attentifs aux éléments qui les entourent et critiques sur leurs  décisions.

Ainsi ils acquièrent les réflexes évoqués précédemment et deviennent d’excellents navigateurs.

A noter également, au cas où le GPS serait en avarie, les Ministes embarquent un sextant et connaissent tous les rudiments du point astronomique  !

C’est aussi ça l’esprit Mini ! (et on ne veut pas que cela change…)

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